TRIBUNE – En Guinée, penser que les élections seront aussi claires comme de l’eau de roche, relève d’une naïveté qui ne dit pas nom. Depuis le discours de la Baule (France), l’Afrique est sur la sellette en la matière. À cause de manque de transparence de nombreux scrutins électoraux, auxquels l’opposition politique a toujours crié qu’ils (scutins) sont décorés de fraudes.  Mais au-delà de ces manquements liés à la transparence du vote, les pays d’Afrique poursuivent toujours à conserver de bonnes relations avec tant de pays du nord. Ce qui veut dire que les « maîtres » du monde sont peu intéressés sur comment les élections sont organisées dans les pays d’Afrique ; mais il est à observer que chaque puissance chercherait aujourd’hui à privilégier davantage ses liens économiques avec les pays du continent.

La Guinée dont il s’agit n’est pas à sa première élection à cette année 2020.

Après l’adoption d’une nouvelle Constitution en décembre 1990, au lendemain duquel une élection présidentielle fut organisée et remportée par le président sortant Lansana Conté, l’opposition a toujours beuglé à la fraude massive sans autant avoir les moyens de les empêcher – et il faut rappeler, en dépit des regards contrastés de la communauté internationale sur le déroulé des élections à cette date, le pays a incessamment participé au concert des Nations sans être contraint à l’isolement.

En 1993, Alpha Condé, en effet, candidat du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) avait qualifié le résultat du scrutin de « coup d’Etat », en affirmant que le président sortant, Lansana Conté, avait obtenu 45,27 des suffrages – qu’il a franchi la barre des 50% uniquement du fait de l’annulation du vote dans quelques préfectures de la haute guinée. Originaire de la région, où il avait obtenu plus de 90 % des voix. Mais in fine, le leader du RPG a appelé ses militants au calme et à la retenue.

Les problèmes électoraux en Guinée découlent de notre récent passé. Ils contiennent également un tas d’injustices sociales et politiques accrues.  Ces facteurs ont exacerbé l’ethnocentrisme – dont les hommes politiques sans gêne se serviraient comme tremplin pour accéder au pouvoir.

Aujourd’hui, le pays est doté d’une commission électorale nationale indépendante (CENI), qui est perçue par certains observateurs comme boîte à problèmes. Il s’agit d’une entité politique et institutionnelle où les positions de toutes parts sont défendues par des commissaires issus de différents partis politiques. C’est ce qui fait qu’à mi-chemin, le processus électoral a été moult fois arrêté à cause des suspicions politiques souvent sans enjeu majeur. Sur ce point, il suffit de revisiter l’histoire récente de l’élection présidentielle du pays pour s’en rendre compte du danger qui quête permanemment la Guinée.

Pour en finir ou amoindrir ces clivages électoraux, les gouvernants se doivent proposer un autre organe de gestion des élections. Pas celui qualifié souvent technique ; il s’agit d’un organe même si  de nature « étatique » par ricochet. Mais qui doit garantir une parfaite représentativité des Partis politiques aux différents postes en son sein. Pourquoi pas d’ailleurs que le ministère de l’Intérieur s’occupe des élections désormais en Guinée, tout en maintenant le poste de secrétaire général dudit ministère à l’opposition.

Alpha Barry pour la rédaction