Sékou Camara est une plume respectée. Il contribue dans les médias en proposant des sujets spécifiques liés à la vie de la société. Il fut Directeur général de l’Office Guinéen des Chargeurs (OGC)…

L’écrivain a fait un coup de gueule dans le quotidien français « Lepoint », notamment dans sa livraison numérique, intitulée « Les Républiques héréditaires ». C’est une réaction de  Tierno Monénembo par rapport au récent événement survenu au Tchad où Idriss Déby Ithno a perdu la vie au combat contre le groupe rebelle FACT, il a aussi été remplacé par son fils, le général de corps d’armée. Tierno Monénembo titre cet évènement de « Les Républiques héréditaires ». En réaction à sa tribune, Sékou Camara, qu’est aussi contributeur sur le plan intellectuel au niveau africain, s’oppose à ce point de vue de Tierno Monénembo notamment par sa manière de voir la question.

Réaction – [Ne sera-t-il pas mieux de rechercher le mal de l’Afrique ailleurs au niveau d’une simple succession au pouvoir? Pourquoi les royaumes même en Afrique se portent mieux que les pays qui ont connu l’alternance politique? Pourquoi l’Afrique blanche devance celle noire? Pourquoi tous africains finissent par être traités de dictateurs par leurs peuples? Pourtant, ils sont presque été acclamés à leur arrivée au pouvoir. L’alternance politique à elle, favorise-t-elle le développement d’un pays africain?

La grosse erreur des africains, c’est de croire qu’avec les biens faits des NTIC nous suivons les mêmes évènements en temps réel avec l’occident que nous au même niveau d’évolution sociétale.

Il y a-t-il un pays qui a amorcé son développement sous un régime démocratique? Le roi Louis xiv a eu 72 ans de règne. Le niveau de développement de la France au temps de Louis xiv est-il comparable à celui de l’Afrique d’aujourd’hui?

Quand l’Afrique résoudra l’équation que lui a posé l’occident en 1885 à Berlin: Comme former une nation dans pays pluriethniques?

Le manque de moyen (langue) entre les différents groupes de populations à l’intérieur d’un même pays est un handicap au développement qu’un manque alternance politique. Le développement précède toujours la démocratie. Mais l’Afrique veut expérimenter le sens inverse comme elle a toujours fait d’ailleurs. La formation aux métiers de services avant ceux de la fabrication, les cultures d’exportation avant celles vivrières.

Revoyez la nature des relations de l’Afrique avec ses anciens maîtres d’esclaves. Il me semble que ces relations ne sont pas étrangères au comportement de nos dirigeants. Une indépendance mal acquise crée une servitude permanente.

La perception bible du calvaire de canaan fait du noir esclave pour les juifs, les européens et les arabes.

Voilà des problèmes existentiels que l’Afrique doit résoudre. Sinon l’alternance politique ne sera qu’un jeu de passe d’une tribu à un autre. Face au danger, le repli identitaire est un réflexe naturel.

Sur un continent qui s’instruit en langues étrangères, où l’adhésion à un parti politique est basée sur l’ethnie que sur l’idéologie, l’alternance politique ne peut pas être la solution à tous nos maux.

Cogiter encore mieux, l’éminent écrivain pour nous proposer une voie africaine de développement que la simple alternance politique et rendre toujours les seuls dirigeants responsables du malheur des peuples.

S’ils sont tous mauvais, c’est parce qu’ils sont victimes des mêmes causes. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, tant qu’on exorcisera ces causes, l’Afrique ne verra le chemin du développement.

A bon entendeur, salut.]

Par Sékou Camara