ANALYSE – Après ce double scrutin (législatif et référendaire) du 22 mars dernier, désormais, ce qui semble venir comme sort réservé à l’opposition ressemble à une braise ardente.  À la vitesse de croisière, l’exécutif accélère l’histoire politique du pays au sortir de ce double scrutin. Ces élections sont tombées comme un couperet au visage de la classe politique guinéenne, qui se bat pour l’alternance contre le pouvoir d’Alpha Condé. Beaucoup parmi ces opposants guinéens, ses colosses, avaient émis leur volonté d’empêcher les élections dont le président Condé arc-boute tant ; son souhait à la fois de renouveler le parlement et de doter le pays d’une nouvelle Constitution avant la présidentielle 2020 – dont lui-même fut le parrain pour promouvoir ladite loi fondamentale.

Aujourd’hui, l’animation politique en Guinée a l’allure d’un véhicule conduit par un fou et sans frein, qui peut percuter des citoyens innocents. Les discours politiques sont à la base de ces violences. Les uns et les autres portent le gant pour se donner des coups injustifiés. Nombreux innocents ou des militants politiques sont au cœur des conséquences des luttes politiques, dont eux-mêmes ignorent la finalité funeste. Et alors qu’aucun politique (quel que soit son bord) ne paye la facture d’un ménage. Mais ces tambouilles politiques continuent à appeler des innocents à la violence et à la défense d’une démocratie dont eux-mêmes étaient aux antipodes. Par ailleurs, les cadavres issus des violences politiques ont désormais des tuteurs.

À observer la situation actuelle du pays, le pouvoir même semble laisser l’enlisement de la situation, laissant l’opposition à elle seule de tomber dans un creuset du feu ardent dont elle-même a troussé la plaie. Les appels de trop à manifester du FNDC ont habillé l’opposition de crainte et d’hostilité contre la paix civile. L’exécutif se cache désormais derrière le rideau de cette inquiétude à ne plus laisser le pouvoir entre les mains de cette classe politique qui prédit l’apocalypse au pays.

Le président Alpha Condé miserait sur la nouvelle génération…

Les plus intelligents parmi les citoyens, comprendront avec lucidité que le temps est venu pour le président Alpha Condé de préparer son mémoire politique pour l’histoire afin de transmettre le pouvoir à la nouvelle génération; il s’agit de son amour pour la Guinée et sa vision politique qu’il aura construit plus d’un demi-siècle pour parvenir à la magistrature suprême. L’ex-dirigeant de la FEANF sait pertinemment que son opposition veut sa peau – mieux pour lui à se débarrasser d’elle par le truchement d’un enlisement de la situation politique au bénéfice des jeunes politiciens.

La présidentielle de 2020 risque de ne pas avoir d’enjeux majeurs. Parce que les résultats de ces élections législatives donnent désormais un autre visage à la classe politique dans son ensemble. Les jeunes tirés du lot seront une force de déluge démocratique contre la vielle classe politique. In fine, Alpha Condé sait là où mettre le cap.

Par Aly Dabo