« S’opposer autrement, une opposition moderne, intelligente et une opposition de développement… », ce sont entre autres mots de l’honorable Mamadou Sylla, chef de file de l’opposition parlementaire de la neuvième législature, lors de sa rencontre mardi 02 mars 2021 avec le président Alpha Condé, au Palais Sékhoutouréya.

Le président de l’UDG a commencé par dire au chef de l’Etat que les hommes et les femmes qui l’accompagnent sont des républicains. « J’avoue que les personnalités politique qui sont devant vous aujourd’hui, les gens-là, des hommes et des femmes, sont tous républicains. Parce que quand je suis parti les voir, il n’y a pas qu’eux j’ai vu, mais d’autres, carrément, il n’y a que trois, qui ne sont pas nombreux, qui ont rejeté notre offre », a déclaré Mamadou Sylla, sans dire le nom de personne, le chef de file de l’opposition fait allusion à la demande de rencontre qu’il a adressée au président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, dont ce dernier a refusé, que s’il rencontrait Mamadou Sylla c’est au nom de son parti UDG, pas en tant que chef de file de l’opposition.

Au cours de cette rencontre, Mamadou Sylla a remis un memo de quatre pages au président Alpha Condé, il s’agit des propositions, comme il dira « On essaye de faire en sorte qu’on puisse s’opposer autrement, il faut être une opposition de critique mais une opposition de proposer, il ne faut pas dire chaque fois ce n’est pas bon. Quand tu dois rejeter, il faut aussi proposer quelque chose. C’est ça aussi l’opposition. On est opposition moderne, intelligente, tout court de développement. »

Et de renchérir en ces termes : « Si c’est vrai que tout le monde se bat pour le peuple et pour notre pays, Dieu a fait qu’une personne est passé devant nous, il est élu. Et on ne peut faire vraiment que vous accompagnez. Mais ceux qui veulent autre chose, ça aussi, chacun est libre de faire. La Guinée, la loi dit cinquante plus une personne ‘’des voix’’, ça peut faire devenir quelqu’un, président… », a-t-il ajouté.

Visiblement satisfait des propos de Mamadou Sylla, le président Alpha Condé a défini sa vision de la politique avant de marteler qu’il faut se tourner vers l’avenir. « La politique, ce n’est pas mentir ou jouer. La politique, c’est transformer les conditions de vie des populations pour un meilleur avenir. Et certains pensent que la politique, c’est de rouler les autres ou de mentir. Moi j’ai une vision longue de la politique du fait de mon passé. Il faut laisser toutes les idées s’exprimer mais dans la paix et le respect strict de la loi. Ce qui est important, c’est le contenu de la critique, pas la personne qui fait la critique. Même si c’est un ennemi qui te critique, ne voit pas que c’est l’ennemi, mais voit, est-ce que la critique est bien fondée ou pas. Si elle est bien fondée, il faut en tenir compte.

Le débat politique est un débat d’idées et de programmes. Quand on a un programme valable, on s’explique à l’intelligence, c’est-à-dire on essaye d’expliquer pour faire adhérer les autres aux programmes. Quand on n’a pas un programme valable, on se réfère à l’irrationnel. Il faut voter pour moi parce que je suis protestant, il faut voter pour moi parce que je suis catholique, il faut voter pour moi parce que je suis de la forêt sacrée…, et ça c’est le drame. La lutte politique, c’est une lutte d’idées et de programmes. Ce n’est pas une lutte ethnique, d’affrontements ni de générations. Malheureusement, la lutte a été dévouée. Mais il faut faire face, parce qu’on ne peut pas chercher des Guinéens sur la planète mars, on est obligé de gouverner avec les gouvernements qui existent.  On va laisser le passé, on va se tourner vers l’avenir… ».

Par Makoura