Sommes-nous dans une transition sans tête et ni queue ? Les militaires putschistes qui ont renversé Alpha Condé le 5 septembre dernier, n’ont toujours pas donné une durée pour la transition, dont la charte vient d’être élaborée et promulguée. Face aux diplomates de l’Union européenne, ce vendredi 15 octobre 2021, le président de la transition, colonel Mamdi Doumbouya, a évoqué un chapelet de motifs qui a conduit leur entité (CNRD) à prendre ses responsabilités, comme il le dira, “pour ouvrir une nouvelle ère à la Guinée…”

Durée de la transition mise dans l’escarcelle du mur

Dans une sorte de plaidoyer face aux diplomates de l’Union européenne, le président Mamadi Doumbouya dit être conscient que la question du délai de la transition cristallise les débats et les attentions. Ce sujet occupe également l’ANAD, la coalition politique portée par Cellou Dalein Diallo, qui propose 15 mois comme durée de la période d’exception.

Face à ces mêmes diplomates, le président de la transition réitère que leur volonté ferme et inaltérable est de mettre les Guinéens ensemble pour décider de l’avenir qu’ils souhaitent et des fondations irréversibles qui doivent être posées. Malgré l’absence du délai de la transition, peu de voix politiques s’élèvent pour mettre la pression derrière les putschistes. Ces politiques seraient dans une espèce de bénéfice de doute accordé aux militaires putschistes.

Par ailleurs, le chef de la junte dit tenir compte de l’exigence qu’un chronogramme réaliste et consensuel sera élaboré avec l’ensemble des forces vives du pays dans cette œuvre et espère bénéficier de l’accompagnement de l’Union européenne. Dans le même registre, Col. Mamadi Doumbouya donne l’assurance que le CNRD et le gouvernement seront à l’écoute des diplomates, de leurs préoccupations, de leurs conseils et de leurs recommandations.

Propos tenus devant les diplomates

« Ces dernières années, le pouvoir d’Etat a été personnalisé et l’administration publique politisée. La justice était instrumentalisée, les droits et les libertés publiques confisqués. L’appauvrissement de la population s’est accentué par des mesures inopportunistes. C’est face à ces périls que le comité national du rassemblement et pour le développement a pris ses responsabilités pour ouvrir une ère nouvelle à la Guinée, une ère d’unité et de rassemblement autour de l’essentiel, une ère de liberté d’espoir et d’espérance pour tous les Guinéens. Il s’agit de réconcilier les Guinéens et de bâtir des institutions fortes, gages de démocratie, de l’Etat de droits et de bonne gouvernance. Il s’agit aussi de refonder l’administration. Pour se faire, un levier du développement et d’édifier les bases d’une justice indépendante et accessible à tous

Je voudrais encore une fois vous donner les éléments de compréhension de la situation qui vivaient notre pays. A la lumière de ces consultations que nous avons organisées avec les acteurs de la vie nationale, nous avons élaboré et promulgué une charte de la transition dont les organes sont en voie d’être mis en place.

Nous sommes conscients que la question du délai de la transition cristallise les débats et les attentions. Sur ce sujet, je voudrais réitérer devant vous que notre volonté ferme et inaltérable est de mettre les Guinéens ensemble pour décider de l’avenir qu’ils souhaitent et des fondations irréversibles qui doivent être posées pour se faire. C’est en tenant compte de cette exigence qu’un chronogramme réaliste et consensuel sera élaboré avec l’ensemble des forces vives du pays. Dans cette œuvre, nous espérons bénéficier de l’accompagnement de l’Union européenne. Je vous donne l’assurance que le CNRD et le gouvernement seront à l’écoute de vos préoccupations, de vos conseils et de vos recommandations, parce que nous avons un destin en commun lié et un avenir partagé… », a souligné le président de la transition.

Par Makoura