Guinée – le citoyen lambda commence à comprendre la politique. Cela est un pas dans la décrispation politique. On voit moins en moins les citoyens arrivent se prendre au collet à cause de la politique politicienne. Cela aussi est un pas dans l’édification d’une nation démocratique souhaitée.

L’on a coutume de dire que la Guinée vient de loin : après avoir passé le calvaire de la colonisation au lendemain que nous connaissons tous. Un pays laissé pour compte. Nonobstant, elle a su surprendre le monde entier à travers la résistance de son peuple d’antan. Mais aujourd’hui, la face que montrent ses hommes politiques – inquiète et – laisse planer l’incertitude quant à l’avenir du pays.

En 2010, un opposant historique arrive au pouvoir, après notamment des décennies de combat politique. Il s’appelle Alpha Condé ; le leader du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG). Il a donné des promesses. Abreuvé le peuple du désir vers la conquête de son avenir. Mais après avoir passé plus de huit (8) années au pouvoir, le Guinéen intelligent doit constater la météo du moment au-delà de toute (partisannerie) politique, si Condé a au moins tenu ses quelques promesses.

L’énergie, comme levier du développement

Au cours de huit années depuis qu’il est au pouvoir, Alpha Condé est parvenu à construire le barrage kaléta, dont les études de faisabilité ont été financées par l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal ; le président Condé l’a inauguré en septembre 2015, trois ans après le début de sa construction. L’acte va dans le sens du « plan Marshall pour électrifier l’Afrique en dix ans ». Et c’est Jean-Louis Borloo, l’Africain qui a prononcé cette phrase quand il présidait la fondation Energies pour l’Afrique sous François Hollande. Cela devrait avoir du sens pour le Guinéen !

En Guinée, toujours est-il que les temps ne se fondent pas seulement dans le creuset de la politique politicienne ; ils sont aussi contexte du développement : il y a des populations dans la Guinée profonde qui ont besoin de l’assurance-vie. Elles ont besoin d’abreuver aussi la moisson comme celles de la capitale Conakry.

« L’électrification de l’Afrique est l’enjeu majeur du XXIe siècle », avait dit le président de la BAD Akinwumi Adesina, avant d’ajouter : « Il faut se focaliser sur un seul sujet, celui duquel toute croissance économique et tout développement humain découle : l’accès à l’électricité…». Ce discours n’est pas vide de sens. Il interpelle nos États d’Afrique à faire des efforts dans le cadre de l’industrialisation pour que l’écrasante majorité de nos populations bénéficie du fruit de la croissance.

Politique, sujet dont les Guinéens s’intéressent davantage !

Depuis l’élection et la réélection d’Alpha Condé (2010-2015), le Guinéen est devenu (très) politique comme à l’image de leur président ; qui met souvent dans la farine ses opposants politiques. « Chassez le naturel, il revient au galop ». Nul besoin d’apprendre que le président Alpha Condé est un politicien de métier. L’exemple patent, est qu’il fait changer d’avis ses plus farouches opposants. Et on peut citer quelques-uns : Tibou Kamara (ministre de l’Industrie), Boubacar Barry (ministre du commerce), Mouctar Diallo (ministre de la jeunesse et de l’emploi-jeune), Aboubacar Sylla (ministre des transports)… L’exemple de ces cas fait aujourd’hui légion dans le pays, c’est-à-dire des transhumants politiques.

Somme toute, le Guinéen doit désormais avoir deux temps: un temps pour la politique et le temps pour le développement. Un sans l’autre, serait synonyme de la perpétuelle arriération du pays.

 

 

Alpha Barry