Désormais, la transition guinéenne dirigée par le colonel Mamadi Doumbouya risque de porter des coups graves. En cause, dans un récent communiqué du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD), dit prendre acte de la durée de trente-six mois, adoptée par le Conseil National de la Transition, en dépit de l’immensité des tâches impératives au retour à l’ordre constitutionnel, a-t-il martelé. Et de préciser que le CNRD et son Président saluent la maturité politique du peuple de Guinée pour sa remarquable participation à l’élaboration de ce chronogramme.

Par ailleurs, le CNRD réitère à l’opinion nationale et internationale, qu’il n’est ni candidat à une élection, ni proche d’un parti politique. Par conséquent, tout en appelant à l’esprit patriotique de chacun et de tous pour une transition inclusive, apaisée et réussie, le CNRD encourage les acteurs des Forces vives à poursuivre les discussions au sein du Conseil National de la Transition et du Cadre de concertation Inclusif en vue d’aplanir d’éventuels différends, peut-on lire dans ce communiqué.

Si les militaires ont salué l’adoption du chronogramme de 36 mois par le CNT, par contre, ils durcissent le ton à l’égard de la classe politique en ces termes : « le CNRD invite l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à circonscrire aux sièges de leurs formations, toute forme de manifestation ou regroupement à caractère politique. Toutes manifestations sur la voie publique, de nature à compromettre la quiétude sociale et l’exécution correcte des activités contenues dans le chronogramme, sont interdites pour l’instant jusqu’aux périodes de campagnes électorales… ».

Ce communiqué du CNRD vient se heurter à la position du FNDC, qui dans une déclaration, estime que cette interdiction est l’expression de la volonté manifeste du CNRD de s’éterniser au pouvoir en muselant toutes les forces sociales et politiques du pays (…).

Un de ses membres, en l’occurrence Sékou Koundouno, rappelle dans une tribune l’article 8 alinéa 1er de la Charte de la transition, que les libertés et droits fondamentaux sont reconnus. Et que le CNRD se prend à son propre piège. « La prise du pouvoir par le Groupement des Forces Spéciales a été suivie quelques jours après par l’élaboration unilatérale d’une Charte dite de la transition et la prestation de serment du président de la transition. Dans son serment, le président de la transition a juré notamment de consolider les acquis démocratiques », ajoute-t-il cet activiste de la société civile.

Sans parler des réactions venant de G58 et d’autres mouvements associatifs contre ce communiqué du CNRD, on voit désormais que le navire de la transition tangue dangereusement vers une direction solidaire.

 

Par Dian BAH