OPINION – L’idée d’une transition durable est une obsession dont on ne parle pas assez pour ne pas consterner la classe politique actuelle, car les faits en cours ont l’aspect de cette appréhension, qui en dit long sur le vrai contenu que doit prendre la transition dirigée par le colonel Mamadi Doumbouya. Cela se vérifie en remontant un peu de son interview à Rfi. Lorsqu’il a affirmé qu’il avait décidé de venir en Guinée pour servir son pays, la Guinée qui lui était chère, il a quitté sa famille et tout en France pour venir répondre à l’appel de la Guinée, une obligation de servir au détriment de la volonté d’un seul homme sans citer le nom d’Alpha Condé, son bienfaiteur.

Certains Guinéens au petit nez ne peuvent pas sentir une si longue transition. Puisque l’homme du 5 septembre s’inspire de Jerry Rawlings. Il y a une obsession derrière ce désir apparemment manifeste d’amener la Guinée en terre promise, observe-t-on. On sait par souvenir que Jerry Rawlings est certainement au Ghana et au continent africain ce qu’est Thomas Sankara. Quand on se réfère d’un personnage, il y a certainement des objectifs à atteindre.

Les Guinéens s’accordent à dire qu’il y a de la corruption, et que les fonctionnaires sans carrière internationale sont plus riches. Alors que les statistiques sur la pauvreté sont encore importantes. Le constat révèle que les populations n’ont toujours pas accès aux services sociaux de base. Ici, l’honnêteté est de mise pour rendre hommage au président déchu Alpha Condé, puisqu’il a initié l’électrification de la Guinée malgré l’histoire de son troisième mandat, dont il remportera par la voix des urnes.

La transition en cours en Guinée connaîtra toute la symbolique titanesque, et se prêtera à affronter les automatismes politiques actuels. La seule qualité du colonel Doumbouya est son courage.  C’est vraiment ahurissant de voir un seul homme se diriger contre tous. Peut-être qu’il est habité par le désir du prophète pour amener la Guinée en terre promise.

C’est un secret de polichinelle qu’il aura une si longue transition en Guinée sous le colonel Mamadi Doumbouya. Les chantiers de refondation ouverts ont l’envergure d’un tsunami qui risque d’emporter beaucoup de débris, observe-t-on. Et qu’il continuera à désirer nettoyer comme bon lui semble, peut-être pas à la même compréhension du problème guinéen comme ceux qui l’entourent. Car prétendre habiller un éléphant, revient à se lever tôt et passer des nuits blanches.

 

Par DIAN BAH