[TRIBUNE] – Le professeur Alpha Condé entame dès le 15 décembre 2020 son troisième mandat, jour de son investiture. Un pouvoir selon lui [qui se veut] tout un espoir contre la corruption et le détournement de deniers publics, et aussi, veut mettre fin à la pagaille. Mais face à cette détermination du président de mettre fin aux imperfections de sa propre gouvernance, il y a évidemment des interrogations qui suscitent le débat. Durant les dix dernières années de sa gouvernance, la République de Guinée a cédé à la peur de l’autre et au consensus républicain malsain, parce que le Parti au pouvoir jouait de la simple figuration aux côtés de son président sans poster ses technocrates incorruptibles dans tous les compartiments du système.

« Gouverner autrement » veut dire nommer des technocrates

Comme d’habitude, quand le président Alpha Condé fait les grandes annonces pour changer les choses ou dire que les têtes vont tomber, derrière cette déclaration, on constate le jeu d’un enchevêtrement pour emballer l’opinion publique. C’est décevant. Mais évidemment, c’est la caricature dont le régime a servi le peuple durant toute une décennie au nom de la promesse d’un renouvellement total de la vieille administration. Il s’agit de l’inexistence du changement dans le comportement des gouvernants et des gouvernés mais celui-ci cède la place à une petite révolution interne à chaque fois que la formation du gouvernement intervient. Cette fois-ci, le peuple veille au grain pour que le président Alpha Condé respecte le rendez-vous de ses propres déclarations.

Cette approche doit normalement commencer par destituer tout le gouvernement. Un proverbe dit que « l’enfer est pavé de bonnes intentions ». Le président Alpha Condé n’est pas en manque de volonté, mais il fait face à l’ensorcellement sans cesse des clans autour de lui. Ici, nous lui rappelons cette belle citation de Don Abert, juriste-politologue tchadien, qui conseille les dirigeants en ces termes : « Ce qui est réel dans toute gouvernance, ce n’est pas le pouvoir. C’est l’après pouvoir ». Cette phrase souhaite à tout dirigeant un meilleur lendemain, dans l’idéal de laisser un héritage glorieux aux générations.

Moussa Diabate, journaliste