Sous d’autres cieux, au nom du [droit de savoir], la presse est autorisée à soupçonner sur de sales affaires des agents publics. Notre presse guinéenne n’est pas exempte dans ce panorama. Quand la presse ne suspecte pas, elle devient complice des despotes qui aplatissent leur peuple. En France, le parquet national financier (PNF) a les oreilles branchées sur les révélations faites par la presse en vue de démêler l’écheveau. En grande partie, ces affaires finissent librement par l’ouverture d’une information judiciaire.

Toujours en France, ‘’l’affaire Fillon’’, en est une illustration parfaite – alors que le candidat de la droite et du centre était en pleine campagne présidentielle en 2017, voilà que ‘’Le Canard enchaîné’’ révèle la sale affaire sur la femme de François Fillon, Penelope Fillon sur le soupçon d’emplois fictifs. Grâce à la presse, cette affaire a permis à la France de créer en août 2017, des lois portant sur la confiance dans la vie politique.

Nabayagate, entre vérité et l’honneur

Pour sa gouverne, ce n’est pas en allant porter plainte à la justice contre des journalistes qui peut changer l’avis tenace de l’opinion publique sur le soupçon porté contre elle pour détournement de deniers publics. En pareille circonstance, elle devrait marcher en douceur, au rythme désormais du parquet de Kaloum – qui a ouvert à cet effet, une enquête judiciaire sur deux épreuves :   dénonciation calomnieuse ou détournement de deniers publics. Il s’agit d’un couteau à double tranchant: L’enquête pourrait aboutir à la même dimension, contre des journalistes et contre la présumée victime dans cette affaire.

Aujourd’hui, l’opinion publique est confuse. Elle demanderait même des clarifications. C’est à juste titre que le procureur près le tribunal de Kaloum s’est auto saisi du dossier relatif à ce soupçon de détournement collé à la ministre de l’Enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’emploi. Et pour paraphraser Jacques Fauvert, vétéran du journal (Le Monde), disait dans « l’affaire des diamants de Bokassa », que les accusés se montrent souvent arrogants et en ayant un aveu de culpabilité à cause de leur démarche auprès de la justice. Ça veut tout dire. L’opinion sait désormais qui est agacé, du moins préoccupé par cette révélation.

Makoura pour www.alerteur.com