Le débat aura duré presque plus de quatre ans. Jour pour jour, les opposants à Alpha Condé ont occupé l’espace public pour alerter l’opinion de son ambition à briquer un autre mandat au-delà du verrou constitutionnel de la Loi fondamentale issue de la transition du 7 mai 2010 limitant l’exercice du pouvoir à deux mandats pour un chef de l’État. Aujourd’hui, la question autour de ce sujet ne présente plus un clair-obscur. Le RPG arc-en-ciel (Parti au pouvoir), a déjà entamé en ce mois de juillet 2020 des conventions partout dans le pays pour renouveler sa confiance, une nouvelle fois, en la personne du président Alpha Condé. Il s’agit d’un nouveau départ selon les partisans du régime actuel, d’un « premier mandat » de la quatrième République.

L’opposition républicaine réunie dans l’entité civile du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) se bat toujours comme un lion en vue de faire fléchir le président sortant à ne pas se représentant pour un nouveau mandat. Mais voyant l’allure que prend la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dans l’optique de maintenir la date du 18 octobre 2020 pour l’élection présidentielle, à laquelle, possiblement, le président Alpha Condé sera candidat, dont d’ailleurs une convention du RPG (Parti au pouvoir) est prévue à cet effet au 5 août 2020 pour matérialiser cette ambition.

Au-delà de cette situation, le parti de Cellou Dalein Diallo (vrai opposant à Alpha Condé) via un de ces vice-présidents, Chérif Bah, a appelé ses militants à se faire enrôler dans des opérations de recensement entamées le 17 juillet dernier par la CENI. C’est un nuage politique dont personne ne voit l’éclair de la lune. Et dans tous les cas, l’élection présidentielle est sitôt prévue pour le 18 octobre prochain.

Moussa Diabaté