(Opinion) – Depuis novembre 2017, le gouvernement guinéen fait face à la grogne du secteur de l’éducation, portée notamment par un certain Aboubacar Soumah ; qui a su mobiliser derrière lui (presque) tout le corps enseignant de Guinée, dans le but d’obtenir huit (8) millions de francs guinéens. Mais cette revendication du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) aura été toute une perplexité à laquelle le gouvernement guinéen a eu du mal à satisfaire les enseignants grévistes.

Pour la première fois, quand le secrétaire général adjoint du Slecg d’alors, Aboubacar Soumah déclenchait la grève illimitée afin d’obtenir les huit (8) millions, en effet, il a été traité de tous les noms. Le président Alpha Condé l’a traité même de « rebelle » ; ensuite, il a enjoint aux médias de ne pas donner la parole à Aboubacar Soumah.

Dans ce bras de fer tendu entre la branche du Slecg portée par Aboubacar Soumah et le président de la République, un court dénouement est intervenu entre les deux au mois de février 2018, notamment par l’effet des médiateurs dont un Tibou Kamara, cité par les médias. Aboubacar Soumah a été dès lors légitimé par le président de la République en personne après l’avoir reçu.

Le Slecg d’Aboubacar Soumah a dès lors le vent en poupe, malgré plusieurs appels du gouvernement à son endroit de venir sur la table de négociation.

On se souviendra également que deux ministres du gouvernement Mamady Youla auraient fait les frais de cette grève. Il s’agit d’Albert Damantang Camara et Ibrahima Kalil Konaté, respectivement ministre du travail pour le premier et ministre de l’Éducation pour le second. En effet, Aboubacar Soumah avait même mis dans la balance leur démission du gouvernement. En un mot, le chef du Slecg a fini par tordre les mains du gouvernement.

En janvier 2019, la teneur de la grève du Slecg a fini par persuader le gouvernement en ce qui concerne le poids d’Aboubacar Soumah au sein des enseignants de Guinée. Une situation d’accalmie fut obtenue ; le Slecg enterre sa hache de guerre, obtient du gouvernement 12 accords dont en effet la création d’une commission mixte (gouvernement, Slecg, USTG) devant mener l’assainissement du fichier du corps enseignant ; un travail à l’issue duquel les choses devraient s’améliorer du côté du Slecg.

En somme, il serait aujourd’hui dangereux de dire que le gouvernement guinéen n’a rien fait dans le cadre de la mise en application des accords du 10 janvier 2019. Si le Slecg d’Aboubacar Soumah acceptait de se soumettre à la négociation dont offre également le gouvernement, les choses sérieuses devraient en principe être dépouillées en faveur du Slecg.

Alpha Barry