La Guinée est dans une transition depuis le 5 septembre 2021. Les militaires putschistes ont ouvert plusieurs chantiers. Mais ils restent peu pragmatiques quant à la durée de cette transition. Apparemment, la classe politique se coalise pour assurer une représentation commune à l’intérieur de l’organe faisant office de parlement, appelé Conseil national de transition (CNT) où elle possède sur papier 15 places.

Pour l’instant, il n’existe aucune voix discordante qui se lève contre le doute lié à la durée de la transition nonobstant qu’un Premier ministre civil soit nommé par la junte et la formation du gouvernement dont les membres sont tous civils. L’ancien président (dont l’appellation s’impose désormais) est en résidence surveillée à Landréah, chez son épouse.

L’ex-Parti au pouvoir, le RPG arc-en-ciel, connait de plus en plus de musellement ; ses grosses têtes sont inquiétées. C’est le cas de l’ex-président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara et la coordinatrice nationale de l’ancien parti au pouvoir, Hadja Nantou Chérif, tous et autres figures importantes furent convoqués récemment au directoire de la junte au pouvoir en Guinée, dit-on, « une mise en garde pour le cas d’éventuels troubles… ». Depuis lors, cet ex-Parti au pouvoir s’est terré dans le silence pour crainte de représailles.

Le président de la transition, le colonel Mamadi Doumboya, quant à lui, démantèle le système Alpha Condé pour mettre ses hommes et femmes de confiance au nom d’un certain changement de génération. Selon nos constats sur place, la junte militaire s’affaire plutôt autour des questions économiques au lieu de poser les bases de la transition au plan politique, dont la porte à ouvrir devrait être la détermination de la durée de la transition avant tout acte.

Mais les militaires putschistes donnent ce privilège au futur CNT de trancher cette question. C’est là où les futures suspicions vont naître entre les militaires et les politiques, dont pour l’instant, les derniers accordent aux premiers le bénéfice du doute. C’est une sorte de vigilance permanente que la classe politique fait preuve pour lorgner les faits et gestes des putschistes au pouvoir en Guinée, qui sont déterminés à refonder l’Etat.

Selon Paul Valéry, « la politique consiste dans la volonté de conquête et de conservation du pouvoir ; elle exige, par conséquent, une action de contrainte ou d’illusion sur les esprits, qui sont la matière de tout pouvoir. » Partant de cette idée, les putschistes guinéens ne devraient pas oublier qu’ils sont assis sur une chaise politique qui doit revenir vite aux civils à travers d’élections libres et transparentes.

 

Par Makoura