Le coup d’État contre Alpha Condé est perçu par les opposants de son régime comme l’aboutissement de la lutte contre le troisième mandat. Mais les militaires putschistes, jusque-là, n’ont pas prononcé que leur motivation était liée à un quelconque mandat de trop d’Alpha Condé. Ils ont souligné la mauvaise gouvernance économique du pays.

À l’étranger comme en Guinée, les opposants au régime déchu se payent les mots et ayant pour arme rhétorique la lutte contre le troisième mandat. Cette vision du coup d’État peut paraître peu plausible selon l’avis de certains observateurs, dans la mesure où les éléments de la junte constituaient le bras armé déjà pour la solidification du 3e mandat d’Alpha Condé. Cela peut s’expliquer autrement que les maîtres actuels de la Guinée auront un rendez-vous avec l’histoire dans le but probable de revisiter la gouvernance de tous ceux et de toutes celles qui ont eu une parcelle de responsabilité en Guinée, de Conté à Condé.

La nation peut se réveiller de temps à autre sous le coup d’évènements soudains, disait Jean lui Borlo. Mais il ne faut pas que ce coup de force cède au règne de l’émotion. Ceux qui ont pris le pouvoir, tous sont issus du régime déchu, certainement nombreux parmi eux ont gagné leurs vies. Ce qui est arrivé à Alpha Condé est tout sauf la lutte contre le troisième mandat, comme estiment certains opposants à son régime déchu. C’est plutôt la guerre des clans qui a mis Alpha Condé hors compétition.

Par Bakary Keita