Ce n’est pas un bambin qui s’est prononcé le 20 novembre dernier sur l’élection présidentielle du 18 octobre en Guinée, dont les résultats restent toujours contestés par Cellou Dalein Diallo, principal opposant à Alpha Condé. Le président français, Emmanuel Macron, a sonné les cloches d’une situation qu’il juge grave : « je pense que la situation est grave en Guinée pour sa jeunesse, pour sa vitalité démocratique et pour son avancée », a dit E. Macron à la faveur d’une interview, accordée à Jeune Afrique. Alors que les observateurs de la CEDEAO ont jugé le scrutin du 18 octobre « d’une élection apaisée ».

Dans les rues de Conakry et des lieux de prédilection par excellence, la sortie d’Emmanuel Macron fait débat au sein de l’opinion publique. Beaucoup font montre leur remords « du deux poids, deux mesures » du président français, qui n’a pas cumulativement condamné les conditions de la réélection d’Alassane Ouattara et celle d’Alpha Condé.  Mais ce dernier a été la cible privilégiée de Macron : « Le président Condé a une carrière d’opposant qui aurait justifié qu’il organise de lui-même une bonne alternance. Et d’évidence, il a organisé un référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir. C’est pour ça que je ne lui ai pas encore adressé de lettre de félicitations ».

Les autorités guinéennes, de manière officielle, n’ont toujours pas répondu à Emmanuel Macron à la hauteur de l’ingérence. Interrogé sur le sujet à la faveur de l’émission ‘’On refait le monde’’, le ministre de la Sécurité, Albert Damantang Camara, n’a pas voulu donner un éclat particulier à la sortie de Macron. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase au sein de l’opinion.

Le poids du Conseil présidentiel pour l’Afrique aux côtés de Macron n’est pas à négliger !

C’est une zone d’influence que beaucoup ignorent – mais il s’agit d’un dispositif puissant aux côtés du président Emmanuel Macron. Le Conseil présidentiel pour l’Afrique a été officiellement mis en août 2017 après l’élection de Macron. Leitmotiv de ce Conseil est de donner un nouveau visage à la relation entre l’Afrique et la France à travers sa composition paritaire rassemblant des personnalités de France et d’Afrique issues de la société civile dont la mission est d’apporter un éclairage nouveau à la politique du Président de la République sur l’Afrique.

Au-delà des intérêts français concernant la géopolitique en Afrique – qui déterminent en grande partie la position de la France sur des situations politiques dans beaucoup de pays africains, le Conseil présidentiel pour l’Afrique, a aussi sa partition à ne pas négliger – celle de la remontée d’informations pour orienter le président français afin de donner son avis sur une situation donnée en Afrique.

Pour l’heure, retenons que le président français, Emmanuel Macron, semble sonner les cloches d’une situation qu’il juge « grave » – et que les autorités guinéennes opposent un silence coupable à cette sortie.

Makoura pour www.alerteur.com