C’est une sortie musclée du président candidat Alpha Condé, vainqueur selon la CENI de l’élection présidentielle du 18 octobre dernier. En visite auprès des forces de défense et de sécurité, vendredi 30 octobre, pour remonter le moral des troupes face aux violences postélectorales qui secouent le pays, notamment des situations occasionnées quand l’opposant Cellou Dalein Diallo s’est autoproclamé « vainqueur » du récent scrutin. Visiblement, Alpha Condé n’entend pas être sur des charbons ardents face aux violences. Réaction !

« Les gens tués ne sont pas tués par nos forces de sécurité. Aujourd’hui nous avons beaucoup de cas, beaucoup de militaires que j’ai visités, ont tous reçu de chevrotines. Je ne crois pas que l’armée utilise chevrotine. Mais la vérité finira toujours par éclater. Aujourd’hui nous avons arrêté des gens qui s’habillent en tenue militaire ou en policier pour tirer. Nous allons nettoyer tous les quartiers de Conakry, il n’y aura plus de zones de non-droit. L’axe droit être comme n’importe quel en droit. Il faut que les gens sachent maintenant que l’autorité de l’État va s’appliquer. Nous avons été assez patients, mais nous n’allons pas accepter que les gens s’en prennent à nos forces…

Nous savons très bien que la Guinée est victime de sa volonté de défendre sa souveraineté et ça n’a pas commencé par moi, puisse que la Guinée a été le seul pays à voter non en 1958. La seule différence, c’est que moi je suis intellectuel et économiste et que le pays se développe, ce qui ne plaît pas à tout le monde, mais vous pouvez être certain que la Guinée ira de plus en plus en avant et que nous allons davantage doter nos forces de défense mais j’ai été très clair aussi…

Nous sommes un pays démocratique, les manifestations sont autorisées. Mais nous savons ce ne sont pas des manifestations. Les gens qui viennent dans les manifestations avec les gourdins, les pointes et les fusils de chasse, ils ne viennent pas pour manifester, ils viennent pour provoquer. C’est dur pour vous parce que vous avez perdu beaucoup de camarades. C’est la même chose pour l’armée, c’est la même chose pour les gendarmes. Mais notre pays évolue dans le bon sens. Ça ne plaît pas à tout le monde mais nous défendrons contre vents et marée notre indépendance. Jamais ne nous demanderons l’avis d’un pays de ce que nous allons faire. Le seul avis qui compte pour moi, c’est l’avis du peuple de Guinée […] ».

Propos décryptés par Dian Bah