Ces derniers jours, des écarts de langage entre deux anciens hauts cadres de notre pays inondent la toile au grand dam de notre république. Il s’agit des messieurs Tibou Camara et Alhoussein Makanera Kaké.
Ces deux protagonistes ont pourtant assez de points communs. Ils ont tous été révélés au public par le moyen de la presse. L’un est journaliste, donc professionnel de la presse et l’autre bat le record de la communication médiatique en Guinée. Ironie du sort, ils ont tous eu la chance de servir notre pays au plus haut niveau de l’État, ministre. Comme si toutes ces coïncidences ne suffisent pas, ils ont tous eu le don de servir différents régimes.
En effet, c’est la critique par Makanera du livre: “Coup d’État contre Alpha Condé” de Tibou, qu’un jeu de ping-pong de propos indécents s’est engagé entre ces deux anciens ministres qui se guettaient. Sinon par principe, fondées ou non, une œuvre intellectuelle suscite toujours des critères. Mais lorsque deux personnes sont en embuscade, la moindre étincelle suffit pour allumer le feu.
Tous les amateurs des réseaux sociaux se souviennent d’une sortie de Makanera ou il mettait en cause le niveau académique et le nomadisme politique de Tibou. Qualifié de n’avoir pas obtenu son baccalauréat, Tibou attendait de donner la preuve de sa capacité intellectuelle à travers son livre pour se donner un droit de réponse. Et Makanera lui en donne l’occasion.
Mais les deux oublient que le diplôme n’est qu’un indicateur du cursus scolaire, mais pas le baromètre de la capacité intellectuelle d’un individu. Blaise Pascal, l’inventeur de la Pascaline, l’ancêtre de la machine à calculer n’a jamais fréquenté l’école. Le président Ahmed Sékou Touré qui n’a pas eu son certificat d’étude primaire (CEP) à fait plus de publications (Tomes et revues RDA) que tous les intellectuels guinéens.
En plus des similitudes sus-citées entre ces deux anciens hauts cadres, ils ont encore commun l’oublie du principe :“Une fois ministre, ministre pour toujours “, car une fois qu’on a été ministre, on est désormais même après la fonction, plus de fois appelé monsieur le ministre ou excellence que par son nom propre. C’est dire à ces anciens ministres, aussi jeunes qu’ils soient et autres anciens hauts cadres qui ont eu privilège d’avoir des titres administratifs, qui presque effacent leurs noms de baptêmes, ne sont plus tout permis.
Désormais, ils portent l’honneur et la grandeur de république en tout lieu et en toute circonstance. Donc, le droit de réserve, d’élégance et de décence s’impose à eux. Pierre Corneille disait : “ Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années”. En se livrant à de tels spectacles, Tibou et Makanera, non seulement contredisent cette citation par leur immaturité, mais donnent la preuve que celui qui les a nommés à ce niveau de responsabilité s’est trompé et surtout ils rabaissent l’image de la république.
Mais il y a longtemps que la première république des colonies françaises souffre par l’indécence de certains de ses fils qui ont eu la chance d’être distingués parmi 14.000.000 d’âmes pour occuper de hautes fonctions de l’Etat. Le protocole est absent de la Guinée il y a très longtemps. Ceux qui doivent donner les bons exemples sont les premiers à piétiner la république par leurs faits et gestes de tous les jours.
Sous la première république, la compétence seule ne suffisait pas pour occuper les hautes fonctions de l’Etat. Il fallait surtout être moralement à la hauteur. Le pouvoir est une question d’image. Donc, tous ceux qui ne sont pas capables de donner une bonne image à eux-mêmes et à la république pendant et après la fonction ne méritent les hauts postes de direction.
C’est dommage que la kakistocratie soit devenue le principe de la gouvernance dans le pays du président Ahmed Sékou Touré, qui a son temps, il n’est pas exagéré qu’un maire de PRL, actuel quartier avait plus de décence et de représentativité que certains ministres après lui.
Entre Tibou et Makanera, à défaut des deux, un devrait prendre de la hauteur en tenant compte de ce qu’il été dans ce pays pour s’abstenir de ce spectacle qui déshonore notre république. Ainsi, par analogie, il aurait respecté l’adage qui dit : “Répondre au coup de pied d’un âne, c’est se mettre à son niveau”. Il sortirait plus grand et ne serait pas responsable de ternir l’image de notre république comme ils le font maintenant.
Cette retenue pour l’honneur de la république à manqué au Gl Sékouba Konaté, ancien président de la transition de 2008 qui se livre à des diatribes pour exposer ses différends avec son frère d’arme, Moussa Dadis Camara, qui l’a précédé à la tête de la même transition. Pour n’avoir pas engagé de polémique avec son ministre de la défense, Moussa Davis se fait violence à respecter ses obligations d’ancien chef de l’Etat.
Malgré leurs jeunes âgés, dans n’importe quelles retrouvailles informelles où les ministres Tibou et Makanera sont présents, un guinéen, parfois plus âgé qu’eux se lèvera pour leur céder sa place par respect non pour leur personne, mais pour leur titre d’ancien ministre, donc pour la république. Ils doivent savoir qu’ils sont désormais des symboles de notre souveraineté et par ricochet, ils ont des obligations de bonnes conduites à vie.
Malheureusement ils ont en commun que leur accession soit passée par la presse. Donc, ils pensent que tout doit se régler par voie de presse. Un homme d’Etat doit éviter, autant que faire se peut, la parole et les apparitions en public. Trop de visibilité crée la familiarité qui peut entraîner la légèreté qui est l’ennemi du pouvoir et de l’autorité. Le silence est d’or. C’est une forteresse, une sagesse et non une faiblesse.
A bon entendeur, salut.
Par Sékou Camara
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